Fabrice Boucher Guide de pêche sur le Gave d’Oloron

Profitant de mon séjour dans le Béarn, je vous invite aujourd’hui à découvrir l’un des Guides de pêche qui officient sur le gave d’Oloron et les rivières environnantes. Il s’agit de Fabrice Boucher.

Bonjour Fabrice, nous nous sommes croisés plusieurs fois sur les Salons de pêche et, par l’intermédiaire d’autres guides et de certains de mes copains pêcheurs, je sais que tu es un professionnel reconnu. Peux-tu me faire une petite présentation de toi ?

Bonjour, je m’appelle Fabrice et j’ai 44 ans. J’exerce le métier de guide pêche depuis 2012. et je suis l’heureux propriétaire, directeur général, secrétaire, préparateur de commande et responsable SAV de www.aspe-angler.com depuis 2008!

Fabrice-Boucher-Guide-Pêche

 

Tu es originaire du Béarn ?

Non, j’ai grandi dans le département des Deux-Sèvres ou j’ai passé mon enfance. C’est là que j’ai commencé à pêcher la truite sur les derniers Chalkstream du Poitou, Sèvre-Niortaise, Boutonne…

La passion pour la pêche t’est venue comment ?

J’ai découvert la pêche vers 7 ans alors que je passais des vacances dans les Hautes-Pyrénées. À l’occasion d’une randonnée, j’ai vu un pêcheur dans un lac de montagne. J’ai trouvé ça magnifique et de cela m’a donné envie.  Après ce séjour et à la suite de mes demandes insistantes et nombreuses, mes parents ont dû m’acheté une canne à lancer. Assez rapidement, je me suis orienté vers la pêche à la mouche. À 11 ans, j’ai eu une canne à mouche pour mes étrennes et j’ai rassemblé mes économies pour acheter un moulinet et une soie. J’ai commandé un cou de coq chez Tolderer à Lourdes et j’ai commencé à monter mes premières mouches. C’était passionnant.

Il y avait des pêcheurs dans ta famille ou tu as appris seul ?

Non, personne ne pêchait dans ma famille. J’ai rejoint un club, les moucheurs des Deux-Sèvres. Mes parents me conduisaient deux fois par semaine au club. En dehors de ce dernier, je lisais religieusement chaque mois la rubrique pêche à la mouche de La Pêche et les poissons, magazine auquel j’étais abonné. C’est ainsi que je me suis orienté vers toutes les formes de pêche à la mouche que je pouvais pratiquer et plus particulièrement celle du brochet en lisant les articles d’Henri Limouzin.

Comment as-tu atterri dans le Béarn ?

À cause de mes études. J’ai choisi l’université de Pau en sachant que tout autour de cette ville, les rivières ne manquaient pas. J’ai ainsi pu assouvir ma passion sur le gave de Pau et de nombreux cours d’eau Pyrénéens avant de découvrir le joyau d’entre-tous: le Gave d’Oloron qui non abrite truites et migrateurs. Il paraitrait même que certains y trouvent des sirènes.

PONT PRECHACQ
A moins de 50 mètres de chez Fabrice. Le gave vu du pont de Prechacq.

 

Quand as–tu décidé de t’orienter vers un métier dans la pêche de loisir ?

J’ai tout d’abord créé un site de vente en ligne de matériel de pêche à la mouche en 2008. J’étais passionné et c’est ainsi qu’est né Aspe-Angler.

En 2012, j’ai naturellement décidé de passer le diplôme de guide de pêche et j’exerce aujourd’hui ce métier une bonne partie de l’année sur le gave d’Oloron et sur de nombreux cours d’eau Français et Espagnols depuis la façade Atlantique jusqu’aux Hautes Pyrénées.

C’est la seule destination que tu proposes aux pêcheurs ?

Non. En compagnie de Grégory Dolet, un autre guide de la région, je propose également des journées de pêche en mer à la recherche du thon le long de la côte basque. J’accompagne également via une agence de voyage spécialisée dans les treks et qui propose des séjours pêche en Colombie Britannique à la recherche de la steelhead.

Je propose aussi des séjours guidés en Croatie, Suède…

La Steelhead est un poisson mythique qui fait rêver de nombreux moucheurs de tous horizons. Sur quelles rivières vas-tu ?

Essentiellement sur la Zymoetz mais également sur la Skeena, la Kispiox, la Bulkley et la Morice.

As-tu déjà pris l’un de ces poissons de rêve ?

Oui jusqu’à des tailles respectables mais je suis toujours à la recherche d’une grosse steelhead de plus de 30 livres! J’ai déjà eu la chance de croiser certains de ces spécimens mais ne suis jamais sorti victorieux de ces longs combats. Les Steelhead sont des poissons électriques qui ne se rendent jamais! C’est vraiment un poisson fabuleux et digne de sa réputation.

steelhead-fabrice-boucher

Tes prestations de guide sur le gave d’Oloron sont spécifiques à la pêche de la truite, as-tu d’autres pêches que tu aimes pratiquer ?

Oui, j’adore pêcher les carpes et les barbeaux dans les rivières de l’Aragon en Espagne. Ce sont des pêches à vue, très techniques avec des poissons qui se défendent intensément. Ces espèces offrent beaucoup d’émotions aux clients et sont une vraie école pour apprendre la réaction des poissons en nymphe à vue.

Tu les pêches en nymphe et avec de petits streamers je suppose ?

Oui mais également en sèche. La période où la bourre de peupliers tombe sur l’eau est très favorable pour surprendre ces poissons en surface, faut-il avoir les bonnes mouches pour cela. Mais quelques soit la technique employée, ce sont toujours des pêches passionnantes que j’adore avec un adversaire qui sait faire preuve d’une grande résistance.

 Parlons maintenant du gave et de sa pêche des « bordures ». Vous êtes plusieurs guides en activité sur cette rivière et les secteurs de pêche, même s’ils sont nombreux, ne sont pas légions. Comment vous organisez-vous pour ne pas vous gêner ? Je crois savoir que vous vous entendez plutôt bien entre « pros ».

C’est exact. Nous sommes un petit groupe de 3/4 guides, avant tout amis dans la vie et nous échangeons beaucoup sur les conditions de pêche. Nous nous serrons les coudes, il y a vraiment une grande confiance car nous avons le même engagement qualité et le même professionnalisme. Cela se ressent au bord de l’eau et l’ambiance est très bonne, ce que les clients apprécient.

 La pression de pêche est forte sur ces secteurs ?

Oui assez mais un peu moins qu’il y a quelques années après la sortie du DVD sur les Gaves qui avait fait exploser le nombre de pêcheurs. Il n’y a pas tant de rivières où l’on peut attaquer de beaux poissons en sèche ou nymphe à vue en France!

Au niveau des populations salmonicoles et notamment celle de la truite fario voyez-vous une différence avec les années qui passent ?

C’est difficile à dire mais depuis deux ans, nous revoyons de petits poissons dans les veines d’eau au large ce qui est plutôt bon signe.

 La pêche des « bordures » sur le gave est très spécifique. Les truites sont généralement de très belles tailles et même les plus petites seraient considérées comme des poissons trophées dans bien des rivières. Tes clients conservent les poissons ?

Non, c’est 100% relâche. C’est une obligation car nous sommes très dépendants de ce cheptel précieux.

 J’ai parmi mes amis, des pêcheurs à la mouche qui ont eu la chance de pêcher la truite sur le gave il y a plus de 40 ans. Aujourd’hui, ils ont du mal à reconnaître leur rivière. Il faut dire qu’à cette époque, il était possible de prendre à la suite  plusieurs sujets dépassant le kilo sans faire un pas dans l’eau. Pourquoi ce déclin à ton avis ?

Le premier facteur est sans aucun doute la pollution sous ses diverses formes. Les choses s’améliorent car les communes et les particuliers ont des équipements de traitement des eaux qui fonctionnent dans la plus grande majorité des cas. Les cultivateurs ont réduits les doses de pesticides et herbicides qu’ils épandaient aux abords du Gave et il y a une politique incitative de remise en herbage qui débute. Bien sûr, il reste à faire mais on veut bien croire que l’on est sur la bonne voie.

L’un des problèmes majeurs actuels est la présence de barrages en amont qui bloquent le transport de matières. Certaines zones de frayères sont compactées et colmatées par les crues avec l’afflux des terres lessivées dû aux labours qui coïncident avec les fortes pluies de printemps. Le transport des matériaux est bloqué, les truites et saumons ne trouvent pas le substrat qui leur convient pour frayer. Il faudrait remobiliser du granulat bloqué dans les barrages pour permettre aux salmonidés de retrouver un milieu propice à la ponte.

Quelle est ta vision de l’avenir de la pêche sur le gave, quelles sont les choses à améliorer ?

Il faut poursuivre le travail de protection et de restauration de cette rivière et des ses affluents. Traiter les points noirs (pollutions) qui subsistent encore et subvenir au déficit en garderie actuel car le rôle de police de l’état est actuellement déficient. Personnellement j’aimerais que d’une politique de tout patrimonial, nous glissions sur un mix patrimonial/halieutique afin de contenter tous les pêcheurs et de mieux gérer les niveaux et zones de fréquentation. Il faut bien se rendre à l’évidence que de toute façon certains secteurs ne sont plus productifs et son vides donc pourquoi pas être un peu plus pragmatique dans leur gestion.

 Je crois que tu pêches également le saumon sur le gave et que ta compagne est en phase d’initiation. Tu pêches avec une canne à deux mains ?

Oui je recherche activement le saumon à la mouche avec les cannes deux-mains et j’y prend encore plus de plaisir en partageant cette passion avec ma compagne qui découvre la pêche en spey depuis deux saisons maintenant. Amoureuse du Gave depuis longtemps comme moi, c’est un peu un accomplissement d’y poursuivre ensemble le roi d’argent. C’est une pêche enivrante et nous avons la chance localement d’avoir les deux plus grandes rivières à saumon de France pour pratiquer notre passion.

Quelles sont les autres pêches que tu pratiques?

 Je pratique la pêche à la mouche sous toutes ses formes, mais celles qui me passionnent vraiment sont la sèche et nymphe à vue et la pêche à deux mains où je prends un réel plaisir à lancer. La traque du thon rouge  avec une forte canne soie de 12 est un vrai régal!

J’enseigne également les différentes techniques de nymphe modernes au fil, largement plébiscité actuellement par les moucheurs Européens.

 Quel est le poisson qui serait le graal pour toi ?

Sans aucune hésitation, une steelhead de 30 livres … Non! Plutôt un Kundza d’un mètre! (omble migrateur de l’Est Sibérien)

 Pour finir, peux-tu nous raconter une anecdote de pêche, tu ne dois pas en manquer?

 En effet, en plus de trente années de pêche à la mouche j’ai eu la chance de vivre quelques moments exceptionnels, la capture d’un poisson très difficile, gros ou d’un premier saumon…

Mais plus qu’une anecdote ce qui me vient tout de suite à l’esprit c’est ma première rencontre avec une loutre sur le Gave. J’étais en guidage au coup du soir. Concentré sur la bordure à l’affût d’un gobage ou du mouvement d’une truite sous l’eau mon oeil à été littéralement happé vers le large par cette forme que j’ai vu glisser sur l’eau. Puis le temps c’est suspendu comme pour mon client d’ailleurs! Difficile de dire si cet instant à duré 2 secondes ou 1 minute, mais il reste gravé dans ma mémoire. Je n’en étais pourtant pas à ma première heure au bord de l’eau comme dirait l’autre mais il aura fallut que j’attende 25 ans pour voir cet animal sauvage en pleine osmose avec son milieu. Un vrai moment magique au bord de l’eau.

 Merci Fabrice pour toutes ces réponses.

J’espère avoir un jour le plaisir de partager quelques heures en ta compagnie le long d’une bordure du gave en quête d’une de ces majestueuses panthères aquatiques.

Si vous souhaitez profiter des services de Fabrice, voici ces coordonnées:

Aspe-angler-guiding-services

ASPE ANGLER

Par téléphone au +33 (0)613374062

Par mail: fab@aspe-angler.com



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