Zonation des cours d’eau

Botoseanu et Illies ont classifié les différentes zones d’un cours d’eau.

zonation-des-cours-d-eau800600

Le Crénon ou tête de bassin

Faible degré d’intensité de la lumière et température moyenne annuelle de l’eau très basse (0 – 1 C°) liées à l’altitude ou à l’exposition du site. Le fond du cours d’eau est pierreux. La pente est forte et la vitesse du courant élevée. Le substrat est instable et l’érosion importante à cause de la puissance du courant. Le débit est faible et l’oxygène dissous est saturé. Il n’y a pas de matière organique dans l’eau ayant pour conséquence directe l’absence de flore et de faune aquatique. C’est un univers minéral ou milieu abiotique.

L’Epirhithron

(zone alpine – température moyenne annuelle de l’eau – 5 °C) L’action de la lumière (photosynthèse) sur les gaz dissous et les sels minéraux déclenche une réaction chimique au sein des végétaux. Ces premiers producteurs de la nature, se présentent sous la forme d’organismes microscopiques, qualifiés de phytoplancton et sous diverses variétés de flores et d’algues de fond. Cette forme initiale de production dépend étroitement du degré d’intensité de la lumière. Elle est conditionnée en montagne par la température liée à l’altitude, l’exposition du site et enfin, la richesse minérale du milieu. Les premiers consommateurs sont les petits herbivores. Ces derniers sont rassemblés sous le terme de zooplancton, auquel s’ajoute la petite faune de fond. Viennent ensuite les poissons, mais aussi certains batraciens et oiseaux. La matière organique est exogène à la rivière (feuilles, bois morts). Les débris végétaux lessivés par l’action du courant sont réduit à l’état de matière organique dissoute. Par floculation, 50 % de cette matière organique va constituer des agrégats. Par l’action mécanique des micro-organismes (bactéries, champignons), 40 % vont être réduits en fines particules. Les grosses particules sont exploitées par les détritivores déchiqueteurs (broyeurs), les particules fines par les détritivores collecteurs (filtreurs) et les herbivores racleurs (brouteurs). En ingérant bactéries et champignons, les détritivores reçoivent un apport en protéines. C’est ici que l’on trouve la plus forte densité de prédateurs. Le fond de la rivière à un profil déposé ou fond (primaire) composé de substrats sablonneux. A la fin de l’épirhithron, lorsque le courant devient moins tumultueux, on trouve de nouveaux producteurs (les hydrophytes ou plantes aquatiques supérieures).

Milieu oligotrophe : Zone aquatique pauvre en azote et en phosphore. Production primaire peu importante.

Le Rhithron

(zone de piémont  – température moyenne annuelle de l’eau – 15 °C) Le lit de la rivière s’élargit et possède une couverture biologique externe : La ripisylve (bordure boisée). Beaucoup plus de lumière et moins de courant entraînent une augmentation des producteurs comme les micro-organismes sur les pierres ou sur les végétaux supérieurs : le périphyton.
Phytoplancton sous la forme de diverses mousses sur les cailloux au fond de la rivière : le périlithon.
Avec l’augmentation du périphyton, couverture biologique interne, les herbivores racleurs (brouteurs) sont plus nombreux. Sur les berges on trouve une large palette de plantes aquatiques. La production primaire est endogène (provient de la rivière).
Le milieu est dit eutrophe car c’est une zone aquatique riche en minéraux dissous, avec abondance d’algues et de plantes.
La vitesse du courant à diminué et le fond du cours d’eau est déposé. Il est constitué de substrats sableux, limoneux ou argileux.
Dans les 3 premières zones, les espèces animales sont dites rhéophiles (vivant des les courants).
L’épirhithron et le rithron couvrent la zone à truite et à ombres qui forment la zone piscicole à tendance salmonicole.

Le Potamon

(zone de plaine – température annuelle moyenne de l’eau – 20 C°) La turbidité de l’eau est supérieure à celle du rhithron. Le courant est moins fort ce qui entraîne le développement de phytoplancton dans les couches d’eau supérieures. Les fines particules de matière transportées par le courant sont plus nombreuses. A cause du manque du lumière dû à la turbidité de l’eau (nombreuses particules de matière organique et phytoplancton en suspension), la production de périlithon est stoppée. Plus de phytoplancton et de matière en suspension contribuent à augmenter le nombre de collecteurs filtreurs. Le fond de la rivière à un profil déposé en alluvions, essentiellement constitué de substrats vaseux.
Les espèces animales qui peuplent cette partie du cours d’eau sont appelées : limnophiles (vivant dans les eaux calmes ou stagnantes).
Le potamon est aussi la zone piscicole à tendance cyprinicole.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Pin It on Pinterest