Loch style made in France

Loch style made in France

Le loch style est une technique spécifique de pêche en lac à et pratiquée à l’aide d’une canne à mouche. Originaire d’Écosse, elle s’est très rapidement développée au Royaume-Uni pour arriver en France vers la fin des années 70.

Sur les lougs écossais, le dapping était la première forme de pêche en dérive. On utilisait alors des appâts vivants comme les mouches de mai par exemple.
Sur les loughs écossais, le dapping a été l’une des premières formes de pêche en dérive.  Cette technique de pêche nécessite des appâts vivants comme les mouches de mai par exemple. L’équipement particulier et propre à cette pêche est constitué d’une très longue canne munie d’un brin de nylon et de la soie floche large devant l’appât pour lui permettre de sautiller à la surface de l’eau sans vraiment y tomber.

 

En 1992, j’ai eu l’occasion de rencontrer Bob Church, un monstre sacré de la pêche en réservoir en Angleterre ainsi que d’autres célèbres grands noms du “Must Européen” de l’époque comme  Guido Vinck par exemple.

Je me suis inspiré de leurs différentes techniques et approches du plan d’eau. Par la suite et rapidement, il a fallu tester, adapter, modifier, tester à nouveau pour arriver au but final qui était d’obtenir un matériel parfaitement adapté à la pêche de surface en loch style dans les lacs français et plus particulièrement sur le lac de la Landie où il est possible d’effectuer de très longues dérives en barque.

D’un point de vue purement matériel, le changement a été très important puisque la canne 10,8 pour soie N°8 utilisée jusqu’alors, a été favorablement remplacée par une 10′ pour soie N°3.

Ajoutons-y un moulinet semi-automatique garni de suffisamment de backing et une soie WF et voila l’équipement optimisé.

canne-peche-en-seche-lac

Ces choix sont la conclusion de plusieurs années de pêche régulière avec de très nombreux modèles de cannes, moulinets, soies naturelles ou artificielles testées dans de très nombreuses conditions météorologiques. Pour ceux d’entre-vous ayant fréquenté le Lac de la Landie, “nombreuses conditions météo” sur ce lac n’est certainement pas un vain mot !

L’analyse de multiples combats avec des salmonidés de différentes espèces a rapidement déterminé qu’une ligne très fine est un atout essentiel pour maitriser la fuite effrénée d’une truite de 3, 4, 5 kilos. Tout peut se passer parfaitement bien si le poisson garde une trajectoire rectiligne et peu plongeante. Mais il ne faut pas rêver même si cela arrive tout de même régulièrement. Si la truite sonde ou nage en effectuant des virages ou des demi-tours instantanés, ça se complique. Dès lors, la meilleure solution est d’avoir une ligne qui va pouvoir suivre le poisson sur une grande distance, sous l’eau tout en exerçant un minimum de retenue sur le bas de ligne.

Les avantages d’un tel matériel ?

Comme je viens de le dire, une soie très fine va opposer nettement moins de résistance sous l’eau qu’un modèle supérieur en diamètre. Mais l’avantage le plus intéressant c’est le poids d’un ensemble mouche composé d’une canne 10′ pour soie N°3 équipée d’un moulinet semi-automatique. Cet équipement très léger évite la fatigue à cause de lancers répétés tout au long d’une journée. Outre sa légèreté, le moulinet semi-automatique sera idéal pour récupérer très rapidement une partie de la ligne, tout au long du combat, en enroulant proprement les brassées de backing ou de soie qui vont s’empiler à vos pieds à la suite des rushs dévastateurs et explosifs d’une grosse truite arc en ciel se rendant compte du piège dans lequel elle vient de tomber.

“Attention à ton pied !” “A M…., cassé !”

Autre atout, la rapidité de mise en action de pêche de cet ensemble mouche. Je pense qu’en moins de dix secondes, il est tout à fait possible d’atteindre une distance d’une quinzaine de mètres en y déposant un long bas de ligne muni de deux artificielles distantes d’un bon mètre l’une de l’autre. Mais attention! la vitesse de lancer ne doit jamais altérer la précision. C’est ce qui fait toute la différence !

Pêcher vite, très vite parfois, sans fatigue avec un équipement capable de maitriser les rushs de truites arc en ciel de grande taille. Rien de bien compliqué en somme.

Diptères and co

Il a fallu également réaliser des mouches artificielles adéquates et adaptées aux milieux lacustres. Un nouvel et bel objectif.

Vivre au jour le jour près d’un plan d’eau ou d’une rivière est pour moi un privilège car pour un pêcheur c’est une source incommensurable d’informations. Si l’on prends le soin d’écouter, d’observer, d’essayer de comprendre l’ensemble du milieu aquatique au bord duquel on vit, les déductions faites peuvent donner des indices précieux ou des orientations précises. Cette observation méticuleuse, minutieuse m’a souvent permise de concevoir des mouches artificielles cherchant à ressembler au mieux aux insectes que je venais de voir ou de découvrir. Il ne me fallu pas très longtemps pour réaliser que tout au long d’une année, les chironomes étaient présents et figuraient en grand nombre dans le régime alimentaire des poissons du lac de la Landie.

De nombreux essais m’ont ainsi permis de décliner sous plusieurs modèles, les différentes espèces de diptères présentes dans et autour du lac  et notamment les imitations de chironomes à divers stades de leur évolution. Un gage de réussite pratiquement assuré ! Quoi que …

Là aussi, comme pour le matériel, quelque modifications ont donc rapidement été apportées aux imitations Anglo-saxonnes qui dans leur ensemble étaient bien plus incitatives plutôt qu’imitatrices. Cette lubie allait même jusqu’aux artificielles sensées copier les chironomes émergents tel le fameux “Shipmans Buzzer”, monté sur hameçon de 12, avec deux grands toupets blancs synthétiques à l’avant et à l’arrière et un corps bourru en dubbing parfois cerclé d’un tinsel or ou argent bien large.

Shipmans-black12
Un modèle relativement grossier mais qui trompera malgré cela quelques poissons.

Avec les saisons qui s’écoulaient, les déclinaisons plus sobres de ce modèle original ont garni les boites des pêcheurs passant à la Landie. L’un des tous premiers modèles “phare”, élaboré avec Michel Contini qui, à l’époque tenait le Thymalus à Priay, fût très difficile à finaliser. Plusieurs journées à tester des quantités industrielles d’imitations sans trouver la mouche idéale. Et puis, miracle ! Un modèle redoutable vit le jour. Posé devant un poisson en maraude près des berges ou en dérive en pleine eau, son efficacité était immédiate. Aucun refus et les poissons l’avalaient goulument sans aucun doute dans leur esprit au moment de s’en saisir. Le “chiro vert” sur hameçon N°16 allait être la mouche phare du début de saison et plus particulièrement près des berges et des zones peu profondes.

emergente de chironome vert oliveUn montage épuré donc simple à réaliser. Trois matériaux et la soie de montage.

On commence par un toupet en polypropylène gris clair qui couvre l’œillet dans sa partie supérieure.

Vient ensuite un biot d’oie olive tourné sur toute la longueur de la hampe droite et très légèrement sur la courbure de l’hameçon. Avant de tourner le biot, il faut préalablement déposer une pellicule de colle sur toute la hampe. Là aussi il faut être précis car un surplus de colle risque de modifier la teinte et la souplesse du biot. Il suffit ensuite de tourner le biot et de le bloquer près de l’œillet. Sans cela, la mouche a une durée de vie très courte à cause de la fragilité de cette plume d’oie.

Pour finir, il suffit d’ajouter un thorax très léger en poils d’oreille de  lièvre mélangés à quelques poils un peu plus longs. Un bon collage ou un bon nœud de finition et cette imitation d’émergente de chironome est prête à tromper sans difficulté les poissons actifs.

Son efficacité n’est plus à prouver en surface ou sous un mètre d’eau en position statique mais bien évidemment, uniquement lors des émergences de chironomes verts.

Si tous les pêcheurs qui ont eu cette mouche un jour au bout de leur ligne et qui se sont fait casser par une belle truite voulaient bien partager cette page, cette dernière serait en première place dans GOOGLE.

Le Shipmans Noir

S’il ne fallait ne choisir qu’une mouche pour pêcher en rivière ou en lac, je choisirais ce modèle sur hameçon N°16 et cela sans aucune hésitation. Des rivières autrichiennes jusqu’à celles de Slovénie, de France, d’Italie et d’Espagne, ses qualités remarquables ont trompées facilement de nombreux poissons et en toute saison !

Créée spécialement pour la pêche en lac, c’est une mouche extraordinaire qui combine simplicité de montage, flottaison fantastique, discrétion au poser et surtout grand réalisme aux yeux des poissons. Attention toutefois à bien respecter la finesse du montage et les matériaux employés. J’allais oublier, c’est un montage extrêmement solide et qui donne le meilleur de lui-même lorsque la mouche est dépouillée après plusieurs captures successives.

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La même émergente en trois tailles d’hameçon différentes. 16 – 18 – 20. Le plus petit modèle étant plutôt réservé aux lacs dont la surface est un vrai miroir.

 

Le shipmans orange, monté sur un hameçon caddis doré, redoutable par grand soleil au mois de juin a toujours des heures de gloire devant lui sans oublier des montages de teintes variées , trois ou quatre imitations très légèrement différentes pour le reste de la saison.

chironome-noir
Chironome orange. Trois variantes très proches l’une de l’autre sur 2 tailles d’hameçon différentes. 18 – 20. Le modèle central peut s’avérer très efficace lorsqu’il est monté sur un hameçon beaucoup plus gros du genre Caddis doré N°12.       A noter la présence d’un seul toupet qui permet de proposer une position plus oblique de l’artificielle lorsqu’elle est en action de pêche.

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Même si dans la nature, il n’y a pas vraiment de chironomes violets, ce montage a fait ses preuves. Il suffit de regarder la partie basse de la courbure de l’hameçon pour voir que l’acier est à nu à cause des bagarres successives qu’à dû subir cette artificielle.

Une dernière précision sur les matériaux employés pour ces différentes imitations. Pour la réalisation des toupets, le polypropylène en mèche fine et de couleur gris clair est parfait. Plus exactement le Fly Rite, matériau qui devient hélas de plus en plus difficile à trouver.

J’utilise les dubbing de phoque et de lièvre pour la réalisation du thorax ou celle de la totalité du corps. Le poil de phoque transparent imite parfaitement le corps translucide d’un chironome émergent. Celui du lièvre augmente sensiblement la qualité de flottaison de la mouche. L’abdomen peut être cerclé finement pour augmenter l’effet brillance mais surtout pour renforcer la solidité du corps mis à rude épreuve.

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Petite mais redoutable ! Sur cette image, on peut parfaitement voir l’émergente en position de pêche. Le corps à l’oblique et immergé. Le toupet à l’air libre et maintenant parfaitement la mouche en surface. Cette imitation sur hameçon N° 20 caddis est un “Must” pour pêcher par temps très ensoleillé et sans vent.

Du point de vue technique

A l’inverse du loch style traditionnel où le pêcheur a tendance à lancer sa ligne droit devant lui et animer ensuite ses mouches, la technique moderne est orientée vers la traque des poissons pouvant se manifester en surface. C’est une pêche d’interception où la vitesse d’exécution des lancers et la précision des posers font une très grande différence. La détection des manifestations de surface permettant d’identifier une truite, sa position, sa direction et sa vitesse de déplacement sont essentielles. Une fois ces données décriptées, il suffit de présenter son ou ses artificielles sur la trajectoire du poisson. Attention ! L’erreur commise le plus souvent par les pêcheurs est de dépasser le point idéal où les mouches doivent normalement tomber sur l’eau. C’est souvent à cause de la combinaison de la vitesse de dérive de la barque cumulée à celle du poisson qui remonte face au vent.

C’est une chasse, une traque où tous les indices de surface doivent être exploités. C’est parfois l’anticipation qui va permettre de réussir.

Depuis des années, les différents parcours de pêche “réservoirs” ont introduits des truites jaunes. Leur visibilité permet maintenant aux pêcheurs de se faire une idée plus précise du comportement des salmonidés durant leurs évolutions à proximité de la surface. Prenez le temps de les observer si vous le pouvez. Par la suite Vous pourrez imaginer plus facilement la trajectoire que pourrait emprunter la truite arc en ciel ou fario qui vient de gober non loin de vous.

Quelques soit le style que vous aller désormais employer pour pêcher en barque sur un lac, n’hésitez pas à tester le loch style made in France.

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L’essayer c’est l’approuver !

Hervé Thomas

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