Et si nous étions tout simplement raisonnables ?

Alors que la bataille contre les filets dérivants n’est pas encore terminée, une autre a déjà commencée. C’est celle qui oppose les pratiquants des diverses techniques de pêche à la ligne du saumon.

Chacun y va de son petit commentaire en décriant l’une ou l’autre de ces techniques. Certains pensent que ceci est propre aux pêcheurs de saumon. C’est loin d’être le cas. Les pratiquants des pêches de carnassiers, de carpe, de silure ou de la truite sont également très divisés.
Depuis bien des années, je suis convaincu que ce n’est pas la technique de pêche qui est à mettre en cause mais l’état d’esprit du pêcheur.
Pour argumenter mes dires, voici un article que j’ai écris il y a 4 ans. https://www.fildepeche.fr/vive-la-peche/

Champion du monde

Je crois que ce qui empêche les choses d’avancer est tout d’abord un mal bien français. Celui d’avoir du mal à accepter certaines règles, et en particulier celles qui restreignent la liberté. Mais sans règles, c’est l’anarchie et l’ouverture à toutes les dérives. Et pour çà, l’homme est champion du monde et le français sur le podium !

Compte-tenu de l’état de nos milieux aquatiques, de leur fragilité et des nombreuses agressions dont ils font l’objet, des mesures restrictives doivent être mises en place, n’en déplaise à certains. Pour ma part, je suis prêt à montrer l’exemple et si demain, on me demande de réduire de manière drastique mon quota de captures pour permettre aux saumons de remonter en masse sur les frayères, je signe tout de suite.

Personnellement, je vais au bord de l’eau pour prendre du plaisir, être dans la nature, partager de bons moments entre amis ou en rencontrer de nouveaux. J’y vais aussi pour partager ma passion, mes connaissances avec d’autres pratiquants, quelques soient leurs modes de pêche et apprendre encore et encore sur mes partenaires de jeu, les poissons.

L’amitié, grande valeur de la pêche de loisir.

A l’opossé, tous ceux qui mettent face à face pêcheurs au Rapala, au ver, à la cuillère ou à la mouche, n’ont vraiment rien compris. Ceux qui divisent les pêcheurs en les classant en plusieurs catégories, touristes, étrangers et pêcheurs locaux n’ont eu aussi rien compris. Ils engendrent la division au sein des pêcheurs alors qu’il serait bien plus intelligent d’essayer de les unifier. Il est certain qu’il y aura toujours des brebis galeuses, des irréductibles, des imbéciles qui ne comprendront jamais que sans limitation de captures, la pêche de loisir va à sa perte.

no-kill saumon
Relâcher, c’est remercier son partenaire de jeu, lui donner une chance de poursuivre sa vie et accomplir ce pourquoi il a fait autant d’efforts, se reproduire .

Il est facile de montrer du doigt les agriculteurs, les particuliers, les entreprises qui prennent encore les rivières pour des poubelles et qui causent des dommages aux peuplements piscicoles et aux milieux aquatiques mais il ne sont pas les seuls. Nous aussi, pêcheurs de loisir, avons un impact sur le nombre en régression de certaines espèces de poissons. Il est très certainement bien moindre que d’autres mais il est bel et bien réel.

La gaffe, instrument d’un autre temps

Changer les mentalités est un travail de tous les jours et de longue haleine. Il faut répéter dix fois, cent fois, mille fois les mêmes choses pour essayer de convaincre. Mais c’est un peu comme la pêche au filet, rien n’est gagné. Les mentalités sont dures à faire évoluer. J’ai encore vu cette année deux pêcheurs avec une gaffe dans le dos. La présence de cet instrument d’un autre temps ne laisse aucun doute sur l’objectif premier de son propriétaire lorsqu’il va va bord de l’eau : tuer du poisson. Je ne crois pas que la notion de plaisir soit vraiment sa priorité.

Changer les mentalités

Pourtant, faire avancer les choses, même si cela parait irréalisable n’est pas impossible. Pour preuve le nombre de saumons relâchés sur les gaves et qui augmente chaque année. Les mauvaises langues vont dire que ceux qui sont remis à l’eau le sont par obligation par certains pêcheurs car ils ne veulent pas gâcher leur dernière bague, oui, peut-être, mais c’est loin de faire la majorité des cas. Dans un très grand nombre de situations, cet acte a été initié par la seule volonté du pêcheur.

Il n’y a plus le choix. Si nous voulons continuer à profiter des eaux magiques des gaves, de la beauté de ces coins de nature encore un peu préservés, des joies et de la quiétude du bord de l’eau et de ces formidables adversaires que sont le saumon Atlantique, la truite fario, la truite de mer ou l’alose,  il va falloir montrer l’exemple, nous pêcheurs à la ligne.

Ce n’est pas si difficile, il suffit d’être raisonnables. Mais pour certains, c’est sûrement déjà trop demander …

 

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