Mouche sèche, émergente, noyée, nymphe, quelles différences ?

Mouche sèche, émergente, noyée, nymphe, quelles différences entre ces appellations ?

Cet article fait suite à une publication déposée sur Facebook par un débutant et surtout après la lecture des réponses catastrophiques qui lui sont faites par des pêcheurs plein de bonne volonté mais totalement incultes. C’est ce que j’appelle le miracle des réseaux sociaux.

Tout d’abord, il faut bien comprendre que ces différents termes permettent de classifier les mouches artificielles. Pour faire simple, je vais commencer par détailler chacune de ces catégories.

La mouche sèche.

Comme son nom l’indique, c’est une imitation qui flotte. La majeure partie de cette mouche est hors de l’eau. Seule une petite partie est immergée.

Elle est destinée à imiter un insecte adulte, qu’il soit d’origine terrestre ou aquatique. On peut donc trouver des mouches sèches qui copient des coléoptères, des hyménoptères (fourmis), des diptères et bien d’autres espèces d’insectes qui n’ont pas ou peu de vie aquatique.

Les mouches sèches imitent également des insectes aquatiques, les plus fréquemment utilisés par les pêcheurs étant les imitations d’éphémères, de trichoptères, de plécoptères, de diptères et bien d’autres.

mouche sèche - Imitation de Baetidé
mouche sèche – Imitation de Baetidé – éphémère
mouche sèche - Imitation de sauterelle
mouche sèche – Imitation de sauterelle
mouche sèche - Imitation d'éphémère - Montage parachute
mouche sèche – Imitation d’éphémère – Montage parachute
mouche sèche - Imitation de trichoptère
mouche sèche – Imitation de trichoptère
mouche sèche - Imitation de trichoptère
mouche sèche – Imitation de trichoptère
mouche sèche - Imitation d'hyménoptère - fourmi
mouche sèche – Imitation d’hyménoptère – fourmi
mouche sèche - Imitation de mouche de mai - Ephemera Danica
mouche sèche – Imitation de mouche de mai – Ephemera Danica

L’émergente

Ces modèles sont également des mouches de surface à la seule différence que leur flottaison est beaucoup plus basse sur l’eau. Une fois sur l’eau, ces mouches sont prisonnières de la fine pellicule qui sépare l’air et l’eau. Pour faire simple, entre l’air et l’eau c’est un peu comme la peau qui recouvre un tambour. C’est ce que l’on nomme dans le jargon technique, la tension superficielle de l’eau. Cette barrière naturelle oppose une résistance à tout objet qui veut la franchir. La mouche émergente est donc un peu comme une bouteille à moitié remplie et tombée dans l’eau. Une partie de cette imitation est sur l’eau alors que la seconde est juste sous la surface. L’ensemble est suspendu dans le film superficiel grâce à des matériaux ayant de bonnes propriétés de flottaison.

Émergente de chironome - Diptère
Émergente de chironome – Diptère
Émergente de baetidé - Éphémère
Émergente de baetidé – Éphémère

La nymphe

Ce type de mouche artificielle est destiné à franchir le film superficiel de surface. De ce fait, il comporte assez souvent un lest se trouvant à l’intérieur ou en tête de cette imitation. La nymphe, en fonction de son lestage, peut naviguer juste sous la pellicule de surface ou très profondément en fonction de son poids. La vitesse du courant, le diamètre du bas de ligne jouent également sur la profondeur de nage d’une nymphe. Tout comme les mouches sèches et les émergentes, les nymphes peuvent imiter des insectes terrestres qui se sont noyés et ont fini par couler. Mais, la plupart du temps, ces modèles cherchent à ressembler à des insectes aquatiques au cours de leurs évolutions sous l’eau. Je vais y revenir…

Nymphe de chironome - Diptère
Nymphe de chironome – Diptère
Nymphe de libellule - Odonate
Nymphe de libellule – Odonate
Nymphe de plécoptère
Nymphe de plécoptère
Nymphe de baetidé - Éphéméroptère
Nymphe de baetidé – Éphéméroptère
Nymphe de baetidé - Éphéméroptère
Nymphe de baetidé – Éphéméroptère
La pheasant tail - imitation de nymphe d'ephéméroptère
La pheasant tail – imitation de nymphe d’ephéméroptère

La noyée

Ce type de mouche artificielle est très proche des nymphes. La différence réside au fait qu’elles ne sont pas employées de la même manière et ont une construction différente. La pêche à l’aide de mouches noyées s’effectue toujours en travers du courant et vers l’aval. La collerette caractérisant une noyée et placée à l’avant de la mouche se met à vibrer lorsque la ligne effectue un arc de cercle en travers du courant de la rivière. Ce type de mouche va donc chercher à simuler les mouvements d’un insecte aquatique qui cherche à atteindre la surface pour terminer sa transformation jusqu’au stade d’adulte.

Mouche noyée pour la pêche de la truite
Mouche noyée pour la pêche de la truite
Mouche noyée pour la pêche de la truite de mer
Mouche noyée pour la pêche de la truite de mer

 

Vous connaissez donc maintenant les grandes différences qu’il peut exister entre ces types de mouches.

La vie d’un insecte aquatique

Venons-en maintenant aux différents stades de l’évolution d’un insecte aquatique. Lorsque les adultes pondent à la surface de l’eau ou sous l’eau, leurs œufs se déposent sur le fond ou sur des obstacles aquatiques, roches, végétaux. De ces œufs vont sortir des larvules qui vont encore évoluer. C’est le stade de l’éclosion. En grandissant, ces nouveaux nés vont encore passer par plusieurs stades. Ces derniers peuvent être très différents d’une famille d’insecte à une autre. Il pourra donc y avoir des larves-nymphes ou des nymphes. Ces stades se déroulent sur une période allant de quelques mois et jusqu’à plusieurs années en fonction des particularités propres à chaque espèce.

De l’instant où l’insecte quitte le fond de la rivière où il a grandi et se dirige vers la surface, jusqu’au moment où il franchi le film superficiel de l’eau et arrive à l’air libre, c’est le stade de l’émergence qui est appelé à tort « éclosion » par les pêcheurs à la mouche. En fonction des espèces, ce cheminement peut se faire en rampant, en marchant sur le fond où en nageant.

Une fois hors de l’eau, il y aura encore, pour certains insectes, deux phases bien distinctes, la subimago et l’imago. Au moment de leur sortie de l’eau, certains insectes aquatiques sont encore protégés par une dernière « peau ». Après un temps plus ou moins long, ils muent une dernière fois pour devenir des imagos. Cette enveloppe nymphale sera appelée exuvie après que l’insecte s’en soit séparé. Ce dernier est alors adulte et apte à se reproduire. Plus tard, après quelques heures ou quelques semaines selon les espèces, il finira par mourir et retombera parfois sur l’eau. Les insectes qui arrivent à ce stade, sont appelés « spent ». Ils sont généralement imités par les pêcheurs à la mouche grâce à l’utilisation d’émergentes mais peuvent l’être aussi par des nymphes ou des noyées. C’est facile à comprendre. Un insecte mort peut flotter mais avec l’action du courant, il peut aussi finir par couler.

Une dernière chose. Lorsqu’un ou plusieurs insectes terrestres tombent sur l’eau, on parle de « retombées ». C’est le cas avec plusieurs espèces de coléoptères, de diptères et d’hyménoptères comme les fourmis volantes.

Voilà ! J’espère que ces précisions vont vous permettre de voir un peu plus clair. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez en apprendre beaucoup plus en parcourant des livres réalisés par des professionnels. Le plus important dans notre discipline, l’art de la pêche à la mouche, c’est d’avoir une bonne base de départ. Et malheureusement, Facebook ou les autres réseaux sociaux ne vous apporteront pas toujours des réponses de qualité, bien au contraire…

Je profite donc de cette occasion pour faire la promotion des mes ouvrages, enfin non, je laisse ça aux pêcheurs et aux Guide de pêche qui ont acheté ces livres.

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